Partager l'article ! Devise des Français : faites ce que je dis, pas ce que je fais! ou une comparaison intéressante quoiqu'incomplète entre le breton et le français: ...
NADOZ
Blog de réflexion politique bretonne
Par Maurice Druon, de l'Académie française.
Publié le 19 juillet 2006
Le régime stalinien était spécialiste du détournement des mots afin de leur faire revêtir un sens différent de leur signification première, sinon même leur donner un sens franchement contraire.
Tous les partis marxistes, quels qu'ils soient, où qu'ils soient, ont contracté ce vice mental ; tous ont détourné et continuent de travestir les vocables pour les faire servir à leurs fins subversives. Nos gauchistes de tout poil sont parvenus à faire un terme d'opprobre ou d'insulte du mot « libéral », qui veut dire « partisan de la liberté, défenseur des libertés ».
On vous traite de libéral comme si on vous envoyait un crachat. Si le libéralisme est si haïssable, c'est donc que le bonheur est dans l'oppression et le totalitarisme. Libéraux, mes frères, quand donc allez-vous vous rebiffer ?
Ces détournements de langage débordent à présent le domaine politique pour envahir tous les autres de la vie sociale. Personne ne conteste l'expression « mariage homosexuel » . Qu'on soit pour, qu'on soit contre, que certains l'autorisent et d'autres pas, peu me chaut. Mais ce que je ne puis admettre, c'est la dénomination même.
La définition du mot mariage dans le Dictionnaire de l'Académie est la suivante : « Union légitime d'un homme et d'une femme, formée par l'échange de consentements que recueille publiquement le représentant de l'autorité civile... Désigne aussi le sacrement qui lie un homme et une femme s'unissant par l'échange des consentements au cours d'une cérémonie religieuse. »
La cause me paraît entendue. J'ajouterai seulement par ironie : qu'en est- il, pour les couples homosexuels, de la « non- consommation » du mariage qui est motif de séparation ou d'annulation ?
Autre faribole de même catégorie : le « baptême républicain ». Le baptême est un acte religieux, qui fait entrer dans une Église, une communauté de foi, et implique croyance en Dieu.
S'il s'agit de donner un parrain, une marraine, à un nourrisson, et bien appelons cela « parrainage civil » , mais ne maltraitons pas le langage ; ne confondons pas saint et sain. (...)
« Ma patrie, c'est la langue que j'écris. » Ceux qui insultent ma langue insultent ma patrie.
Cet article mérite plusieurs commentaires :
- Maurice Druon a raison de fustiger l'emploi innaproprié de mots comme baptême, mariage, libéral... dans un but idéologique clairement gauchiste et/ou jacobin. Il est vraiment inquiétant que les médias français reprennent complaisemment ces détournements qui, comme le dit très justement l'écrivain, sont l'apanage des régimes totalitaires. Il est seulement dommage qu'il n'aillepas jusqu'au bout de son raisonnement et qu'il ne dise pas clairement que "la République" n'est pas une démocratie mais un Etat d'essence totalitaire.
"La population quimpéroise articule on ne sait quels sons barbares plutôt qu'elle ne parle." (père CAUSSIN, confesseur de Louis XIII et de Richelieu)
Marquise de Sévigné : juillet 1675:
"On dit qu'il y a cinq ou six cents bonnets bleus en Basse-Bretagne, qui auraient bon besoin d'être pendus pour leur apprendre à parler"
Grégoire, devant la Convention, 16 prérial an II: "L'unité d'idiome est une partie intégrante de la révolution". Il admet qu'on puisse les étudier dans un intérêt historique ("Il faut chercher des perles jusque dans le fumier d'Ennius"). Cependant, "Pour extirper tous les préjugés, développer toutes les vérités, tous les talents, fondre tous les citoyens dans la masse nationale, simplifier le mécanisme et faciliter le jeu de la machine politique, il faut identité de langage". Conclusion: "Que le zèle des citoyens proscrive à jamais les jargons qui sont les derniers vestiges de la féodalité détruite."
Bertrand Barère, député de la Convention (1794) : "Le fédéralisme et la superstition parlent bas-breton ; l'émigration et la haine de la république parlent allemand ; la contre révolution parle italien et le fanatisme parle basque."
Extraits des lettres des préfets des Côtes-du-Nord (Côtes-d'Armor) et du Finistère à Monsieur de Montalivet, ministre de l'Instruction Publique (1831) : Il faut "par tous les moyens possibles, favoriser l'appauvrissement, la corruption du breton, jusqu'au point où, d'une commune à l'autre, on ne puisse pas s'entendre [...] Car alors la nécessité de communication obligera le paysan d'appendre le français. Il faut absolument détruire le langage breton."
Propos d'un sous-préfet du Finistère aux instituteurs (1845) : "Surtout rappelez-vous, Messieurs, que vous n'êtes établis que pour tuer la langue bretonne."
Prosper Mérimée (1835) : "Bien sûr, le gouvernement réprime la langue bretonne. Mais qu'importe puisque les Bretons parlent français... C'est une langue que le diable a inventé qu'on parle là-bas et qui n'a pas moins de 4 dialectes différents."
Victor Hugo, (Quatre-Vingt-Treize) : "Les Bretons parlent une langue morte qui fait habiter une tombe leur esprit."
Pourquoi morte puisqu'on la parle? Et pourquoi une tombe? Y-a-t-il donc des langues où l'on pense et des langues où on ne pense pas?
Les Bas-Bretons ont un langage dur et difficile à comprendre. Leurs habitudes, leurs coutumes, leur crédulité et leurs superstitions leur laissent à peine une place au dessus de l'homme sauvage. Le paysan y est d'une malpropreté dégoûtante. Son habitation peut presque se comparer à celle d'Hottentots{...} En général les paysans ont une mauvaise physionomie, stupide et brutale à la fois.
Malte Brun, Les jeunes voyageurs en France.
1835
BRETON PIRE QUE LE CATALAN
Croyez-moi, Monsieur, le catalan qui me faisait tant enrager n'est qu'un jeu d'enfant auprès du bas breton. C'est une langue que celle-là. On peut la parler fort bien, je crois, avec un bâillon dans la bouche, car il n'y a que les entrailles qui paraissent se contracter quand on cause en bas breton. Il y a surtout l'h et le c'h qui laissent loin derrière la jota espagnole. Les gens qui parlent cette belle langue sont bons diables, mais horriblement sales{...} On voit dans les villages les enfants et les cochons se roulant pêle-mêle sur le fumier, et la pâtée que mangent les premiers serait probablement refusée par les cochons du Canigou.
Prosper Mérimée, lettre à Jaubert de Passa.
1836
LANGUE DIABOLIQUE
Vous saurez d'abord que c'est vers la Bretagne, la douce et la bretonnante, que se sont dirigées mes courses cette année{...} Quant aux naturels du pays hélas! c'est la province sans soleil. Croiriez vous que j'ai fait quatre cent lieues en Bretagne sans déboutonner ma braguette. Impossible de toucher sans pincette les personnes du sexe de Brest, Morlaix, Saint Brieux (sic), Rennes, Vannes, Quimper. Ce n'est qu'à Nantes que la Providence m'a envoyé soulagement{...} Au lieu de votre joli patois dont on comprend toujours quelque chose, c'est une langue que le diable a inventée que l'on parle là-bas et qui n'a pas moins de quatre dialectes très différents. Lavarèt d'in pélèc'h azô ünenbennak ago zéfé gâllec? Voilà tout ce que j'ai pu apprendre à dire m'écorchant le gosier: Dites moi où il y a quelqu'un qui parle français. Jamais, à moins qu'on ne lui fasse une opération chirurgicale, un Provençal ne prononcera pélèc'h. Mangez une olive crue, et en crachant, vous ferez un bruit approchant ce c'h. Par dessus le marché, ces sauvages ne m'ont-ils pas persécuté dans leurs journaux, m'accusant d'avoir enlevé d'autorité à leur province un manuscrit d'un certain barde du Vè siècle, Guiclan ou Guinclan, manuscrit que j'ai cherché partout inutilement et dont j'ai appris l'existence à la plupart de leurs doctes!
Prosper Mérimée, lettre à Requien.
1888
BRETON, LANGUE D'ARRIERES MENTAUX
Le petit Breton est abandonné à lui-même dès qu'il peut marcher. A peine vêtu, malpropre, il patauge toute la journée par les chemins, mange à l'écart un morceau de pain noir, joue peu, ne parle pas{...} S'il a huit ans d'âge physiquement, il en a trois à peine pour le développement intellectuel. Y a-t-il lieu, dans ces conditions, de tenir compte des quelques mots bretons qui lui ont suffi pour traîner jusque là une vie rudimentaire ? Je ne le crois pas. Mieux vaut admettre qu'il ne sait rien et commencer avec lui par le commencement, comme on fait à l'école maternelle.
Poitrineau, inspecteur d'Académie à Vannes, cité par Ar Falz, n°1, 1959
Ministère de l'Instruction publique (1905) : "Le Breton, cette barbare relique d'un autre âge."
Le "symbole" ou "vache" fût utilisé entre 1863 et 1951 : les instituteurs accrochaient au cou des enfants surpris à parler Breton un sabot percé. Ils devaient le conserver jusqu'à avoir dénoncé un camarade coupable du même " crime " (belle éducation !). Le dernier porteur recevait des punitions, comme écrire plusieurs fois "Défense de cracher et de parler Breton", "Parle Breton, parle cochon" ou laver les toilettes,... Les salaires offerts aux instituteurs luttant contre le Breton étaient supérieurs aux autres. Étrange dans un pays dit "civilisé"!
Pendant la Première Guerre Mondiale, on a observé des cas de soldats Bretons qui ont été fusillé comme espion parce qu'il ne savait pas parler français.
A de Monzie, ministre de l'Instruction Publique, à l'inauguration du Pavillon de la Bretagne à l'Exposition Universelle le 19 juillet 1925 : "Pour l'unité linguistique de la France, il faut que la langue bretonne disparaisse."
Daladier à une personne réclamant plus de responsabilité pour la Bretagne lors d'une réunion à Callac : "Je vois citoyen. Vous voulez revenir au temps des gaulois ?"
"Pourquoi vous laisserais-je enseigner un patois que je ne comprend pas ?" ( un proviseur du Morbihan à un professeur proposant un cours facultatif de Breton)
Député socialiste, lors du vote de la loi Deixonne (1951) : "Comment ! On veut nous apprendre le dialecte des cavernes !"
Lorient Roger, ministre de l'information (avril 1969) sans rire : "Pour être compris par tout le monde, l'émission en langue bretonne sera désormais en français."
Georges Pompidou à Sarre-Union (1972) : "Il n'y a pas de place pour les langues et cultures régionales dans une France qui doit marquer l'Europe de son Sceau."
R. Pandraud, extrait des débats sur l'Europe de Maastricht, le 13 mai 1992 : "Il est temps que nous soyons Français par la langue. S'il faut apprendre une autre langue à nos enfants, ne leur faisons pas perdre de temps avec des dialectes qu'ils ne parleront jamais que dans leur village : enseignons-leur le plus tôt possible une langue internationale !"
Dans "Charlie Hebdo" (année 1998) :
« Les aborigènes vont pouvoir parler leur patois, pardon, leur langue, sans se faire rire au nez. Et peut-être même garder leur accent c'est-à-dire leur béret et leurs sabots. [Le premier ministre français] a raison. Maintenant que le bulldozer jacobin a laminé et éradiqué les pagnolades et les bécassinades, on peut élever les trois douzaines de couillons qui parlent encore leur pataquès (pardon : langue) au rang de patrimoine national et leur apposer un label fermier. » (7-10-1998).
« Verra-t-on bientôt brandir, au nom de la liberté et du progrès, ces fiers slogans de chouans anti-républicains : Breton avant d'être français ?" (7-7-99). Ou encore : "Samedi, les indigènes de Bretagne, de Basquie et d'Alsace exigeaient la reconnaissance de leurs idiomes, en rythmant le chant de leurs binious par des solos de saucisses aux choux. Pour ceux qui pensent que le kouign aman mesure toute la finesse de la régionalitude, il y avait de quoi se foutre des pruneaux dans les oreilles »
« tous les fachos du monde, dont le discours consiste, précisément, à revendiquer le fumier local pour mieux haïr le lisier du voisin » (8-4-98)
Jean Pierre Chevènement (Lors d'une manifestation à Nantes pour le rattachement de la Loire Atlantique à la Bretagne, 1999) : "3000 pèlerins, une identité factice."
Je pourrais encore ajouter des extraits des débats parlementaires qui ont eu lieu l'année dernière sur la ratification ou non de la Charte Européenne des langues régionales ou minoritaires, qui sont de la même veine pathétique. Comme quoi, en 300 ans, les Français ont maintenu une belle constance dans l'insulte envers notre langue.
Pour finir et rétablir certaines vérités largement méconnues sur notre langue, voici quelques éléments :
Le breton est la seule langue celtique continentale encore vivante. Elle appartient à la famille des langues britonniques, comme la gallois et le cornique, qui elle-même appartient à la famille des langues celtiques, qui elle-même appartient à la grande famille des langues indo-européennes.
Le breton est une langue très riche, très tôt écrite (avant même que le français n'existe), en fait c'est la langue d'Europe du Nord la plus anciennement écrite, et elle possède une littérature prestigieuse qu'évidemment les institutions françaises cherchent à nier.
C'est aussi une grande langue orale. La souplesse de sa synthaxe permet de grandes nuances dans le propos. Elle n'a pas toujours été aussi dialectisée qu'au XXè siècle.
Les écrivains britophones sont nombreux. Rien qu'au XXè sièvle on peut citer évidemment le linguiste, écrivain, traducteur (etc) Roparz Hemon, mais aussi le dramaturge Tanguy Malmanche, les poètes Yann-Ber Kalloc'h, Anjela Duval, Naig Rozmor, les écrivains Youenne Drezen, Per-Jakez Helias, Xavier de Langlais, Jakez Riou, j'en passe!
Voici pour finir une liste non-exhaustive de la littérature britophone dans l'histoire de la langue ainsi qu'une bibliographie jusqu'au XVIIIè siècle. Une liste qui ne demande qu'à être compléter...
Vieux Breton (8e-11e siecle)
· Le manuscrit de Leyden
Le manuscrit de Leyde (VIème siècle) est le plus vieux texte en breton. C'est un traité de botanique médicale fragment en vieux breton et latin (vers 590) conservé à l'Université de Leyden aux Pays-Bas. Ce texte breton est antérieur au plus vieux texte en roman (843), considéré à tort par l'administration française actuelle comme le plus vieux texte en français. Car au IXè siècle le français n'existe tout simplement pas. .
· Vocabulaire vieux Breton (édition J. Loth 1884)
· Chrestomathie bretonne (édition J. Loth 1890)
Moyen Breton
11e-17e siècle
Breton moderne 1653- 1839 (après la reforme orthographique de Julien Maunoir, bien que le Moyen Breton reste employé)
Pièces religieuses des 17 et 18e siècles:
Chevalerie:
Farces:
· Ar Farvel goapaër (le fou moqueur)
· Ian Mêlarge
· Bue an tad Mallarge a Tristemina e vroec hac e vugale (vie du père Mallarge, Tristemine sa femme et ses enfants)
18e siècle:
Pour des personnes qui se disent anti-facho etc. je n'ai rarement lu de propos plus xénophobes et méprisant.
Ou plutôt, comment le discours anti-facho devient fachiste. Le propres de l'extrême droite étant la xénophobie de l'étranger, de l'extérieur. Le Breton est lui à l'intérieur. De la, ces "braves gens bien pensant" peuvent évidemment se permettrent de tel discours montrant leur propre intolérance et leur mépris de celui qui n'est pas comme eux.
Ce mépris ne se base pas sur la couleur de la peau ou sur la religion, mais sur l'appartenance à un peuple, pratiquant ou défendant une langue. Par extrapolation, il se base également sur la pensée. Cet honnête écrivain, dénonçant l'obscurantisme et rejetant la xénophobie est de ceux qui exterminent tous ceux qui ne pensent pas comme eux. Dans ce registre, on retrouve les Pol Pot, Kim Jong Il, Mao et surement Jules Ferry.
Ac'h!
Quant au texte de 842 et non 843 (en clair le serment de Strasbourg et non le traité de Verdun), il n'est pas rédigé en français car cette langue n'existe pas encore. Il est rédigé en germanique et en langue romane encore à peine séparée du latin. On n'est même pas encore dans la langue d'oïl, votre fierté de chauvin franchouillard dût-elle en souffrir...
Le manuscrit de Leyde date du VIIIe ou IXe s. et non pas de 590 qui est une date qui a été "balancée" par je ne sais quel individu.
Le breton n'éxistait pas encore non plus à cette époque. On pourrait parler de celtique vulgaire comme l'on parle de latin vulgaire. La langue vulgaire, vieux français ou langue romane, peu importe, est aussi répertorié dans des écrit (eg. glosses de Reichenau) :
http://www.orbilat.com/Languages/Latin_Vulgar/Vocabulary/Reichenau_Glosses.htm
quant à la désignation de "français" à partir de tel date cela n'a pas grand sens, c'est un continuum. Il a été montré une intercomprehension entre langues d'oïl et oc sans problème. Ce n'est finalement que récemment que les codifications cherchent à éloigner. L'exemple criant est "l'invention" d'une orthographe du gallo qui complexifie ce dialecte pour le distinguer du français alors qu'au parler il y a une quasi inter-compréhension.
Enfin, soyons sérieux, la quête du breton plus ancien que le français est vouée à l'échec car ces langues vulgaires n'ont laissé de véritables traces qu'à partir du VIIIe et IXe s. Alors le breton plus ancien que le français et inversement ? Franchement personne n'y croit.