Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog
11 octobre 2013 5 11 /10 /octobre /2013 14:28

evolution-des-bretons.jpgLe média en ligne 7Seizh nous apprend aujourd'hui que Christian Guyonvarc'h, le leader de l'Union Démocratique Bretonne, petite formation politique autonomiste ayant une dizaine de conseillers municipaux et 4 conseillers régionaux dont Christian Guyonvarc'h lui-même, déclare sur son mur facebook, en termes à peine voilés, qu'en cas de victoire du Front National aux prochaines échéances électorales (on pense évidemment en particulier à la présidentielle), il envisagerait sérieusement l'indépendance pour la Bretagne. Ne croyant plus alors que la France passe d'une république jacobine à une république fédérale, il changerait son fusil d'épaule et deviendrait indépendantiste.

fr-nuit-gravement-a-la-bzh.jpgCes dernières années, plusieurs personnalités, surtout issues de la société civile et médiatique, ont déclaré être indépendantistes, malgré un certain black-out des médias français sur ce point. On connaissait déjà Patrick Le Lay, qui n'a pas sa langue dans sa poche. L'ex PDG du groupe TF1, premier groupe audiovisuel d'Europe, a, à plusieurs reprises, expliqué pourquoi il était indépendantiste, notamment dans Bretons et sur la chaine D8. Sur le plan politique, certaines personnalités ont affirmé avec plus ou moins de vigueur, mais toujours de manière posée et assumée, leur nationalisme et leur indépendantisme : Jean-Yves Cozan, ex-député du Finistère, conseiller général d'Ouessant, Christian Troadec, maire de Carhaix et ex-conseiller régional, ou encore les militants du Parti Breton, formation qui se présentent systématiquement à toutes les élections avec une belle constance depuis 12 ans.

Justement, Jean-Yves Lafesse avait adhéré au Parti Breton à la faveur de la liste "Nous te ferons Bretagne" qui avait fait une percée remarquée aux dernières élections européennes en 2009. L'humoriste, originaire de Pontivy, a à plusieurs reprises depuis, déclaré qu'il était indépendantiste, sans que cela soit rpanneaux-routiers-bzh-fr.jpgepris par les médias parisiens, effacé et censuré plutôt... Mais c'est quand même passé sur 7Seizh et plusieurs médias en ligne. Autre exemple, le rédacteur en chef de Paris-Match, le vannetais Gilles Martin-Chauffier, a également déclaré à plusieurs reprises, notamment à la sortie de son livre "Le Roman de la Bretagne", son souhait de voir notre pays retrouver son indépendance de la France. Issu du même magazine, le grand reporter qui a travaillé sur tous les théâtres d'opération Régis Le Sommier a lui aussi déclaré être favorable à l'indépendance de la Bretagne. Dans le monde économique, Alain Glon, directeur de l'Institut de Locarn et ex-patron de l'empire Glon-Sanders, a fait cette année cette déclaration-choc dans les médias régionaux : "Le problème de la Bretagne, c'est la France!". Elle a même été citée par le journaliste-présentateur sur l'antenne de France 3 Ouest dans le cadre un débat qui opposait Alain Glon au président du Conseil Régional de Bretagne Pierrick Massiot au sujet de l'éco-taxe.

Comme on le voit, depuis quelques années la société civile semble s'être réveillé, après 3 décennies de silence religieux troublé en de rarissimes occasions par les déclarations pusillanimes et ambigües d'une poignée de chanteurs en marge du star-system comme Alan Stivell ou encore les Tri Yann. Même Gilles Servat, avec l'âge, ne semblait plus y croire autant. En fait, depuis les années 1970, années d'intenses militantisme pour la Bretagne, la belle époque des Xavier Grall et autres Glenmor, voire des Jean-Edern Hallier, la société civile bretonne était atone. Il semble enfin qu'elle se réveille au début de ces années 2010. C'est une bonne nouvelle et surtout une nécessité absolue pour faire vivre la nation à travers ses habitants. Car sans le courage d'être soi-même, un peuple meurt et disparait à tout jamais. Les nouvelles générations de Bretons semblent enfin avoir l'étincelle.

bretons-avant-apres.jpgCar nous croyons que ces déclarations publiques courageuses ne sont que le reflet d'un mouvement plus profond de prise de conscience du peuple breton. En effet, les sondages faits sur cette question depuis 30 ans montrent une montée du sentiment nationaliste, au sens de libération nationale, et du sentiment indépendantiste face à une France débordée qui n'arrive plus à cacher aussi bien son système colonialiste et mafieux. La censure en particulier, connait des fissures importantes à cause d'internet. Le dernier exemple en date est le magazine Bretons qui avait commandé un sondage sur le sujet et dont François-Régis Hutin, PDG français du groupe Ouest-France, a censuré la couverture. Las, le pot aux roses a été découvert, toujours par 7Seizh, et la CFDT elle-même a protesté publiquement contre ce cas manifeste de censure vis à vis d'un magazine appartenant au premier groupe de presse écrite français. On peut citer aussi les réseaux sociaux, relativement imperméables à la censure, où s'exprime un indépendantisme décomplexé voire humoristique, du style ce groupe Facebook intitulé "Je ne suis pas français, je suis breton!" qui regroupe des milliers de fans.

Mais en plus de la censure, les indépendantistes doivent faire aussi attention aux manipulations. Car que penser de ce nouveau fr-petit-pays-entre-bzh-et-belgique.jpgralliement de Christian Guyonvarc'h, et à travers lui  de la formation politique qu'il préside, l'UDB, sorte de PCF régional qui a toujours combattu les indépendantistes et le nationalistes, et a toujours soutenu le PS jacobin? Qu'on ne s'y trompe pas. Leur "prise de conscience" est une manoeuvre destinée à tromper les gogos breizhous avant les prochaines échéances de 2014 (municipales et européennes). N'oublions pas que tous les jours depuis 40 ans, les élus UDB soutiennent l'action des partis français de la fameuse "gauche plurielle", cautionnant même les attaques contre les plus "basiques" des dossiers en soutenant des décisions hostiles à la langue bretonne et à la réunification.

La leçon qu'il faut tirer de ce dernier ralliement est qu'un mouvement est peut-être en train de s'amorcer vers une recentralisation de la vie politique bretonne sur les sujets essentiels, au point que même Christian Guyonvarc'h l'a senti et, en bon chien pisteur de la gauche plurielle, tente de rabattre les voix bretonnes vers ceux qui permettent à sa boutique d'exister. Mais laissons l'UDB à sa tambouille politicienne. Ou plutôt, ayons un peu de sens politique et sachons en tirer profit. Car le plus important à retenir est que, quand tous les autres partis politiques en Bretagne iront à cette course à l'échalotte (léonarde), l'indépendance ne sera plus qu'une question de temps. Cette recentralisation de la vie politique, c'est ce qu'ont réussit et Plaid Cymru au Pays de Galles, et le Parti National Ecossais (SNP) en Ecosse, et le Parti National Basque au Pays Basque, et les partis nationalistes catalans, surtout la CiU, en Catalogne, et le NVA en Flandres. Deuet int a-benn da cheñch penn d'ar vazh! C'est aussi ce qu'a raté la Ligue du Nord en Italie, pour des raisons trop longues à expliquer ici.

Aux indépendantistes bretons de mettre leur sens politique au service de ce basculement.

bienvenue-en-bzh-occupee.jpg

Partager cet article

Repost 0
Published by Nadoz-mor - dans Indépendantisme
commenter cet article

commentaires

Présentation

  • : NADOZ, blog de réflexion politique bretonne
  • NADOZ, blog de réflexion politique bretonne
  • : Bienvenue sur Nadoz, un blog qui milite pour une Bretagne à nouveau libre et indépendante. Il donne infos et idées sur notre pays, ses habitants, la France aussi, et sur le monde en général, sous un angle qui se veut moderne et contemporain. Une vision absente des médias français aux ordres. Pourquoi NADOZ? A partir de ce joli mot (aiguille), la langue bretonne a construit 2 termes évocateurs : nadoz-vor (boussole) et nadoz-aer (libellule). Bonne lecture et vive la Bretagne indépendante!
  • Contact

Rechercher

Archives

Catégories